Tai chi et Fajin

par artsinternes

Beaucoup (trop) de gens ont une image du Tai chi qui se résument à de vieilles personnes bougeant lentement et avec grâce dans les parcs, mais qu’on s’imagine mal en situation en combat. Pourtant, le Tai chi traditionnel est l’un des arts martiaux les plus redoutables, en plus d’être le plus pratiqué au monde.

Le hic, en ce qui concerne l’aspect martial du Tai chi, est que celui-ci en a été pour une bonne part évacué au profit d’un accent mis sur la santé. Ainsi, avec l’arrivée des armes à feu, les maîtres de Tai chi ont rapidement constaté la désuétude des arts martiaux traditionnels en termes de pure valeur militaire (voire d’autodéfense) et ont plutôt choisi de démocratiser cette pratique, dont les bénéfices pour la santé sont incontestables.

Les styles Yang et Wu, les plus pratiqués au monde, sont ainsi composés de formes dont la vitesse est relativement constante et lente. Certes, tous les pratiquants de longue date savent que ces formes cachent des applications martiales évidentes et des plus efficaces, mais aucun style ne rend aussi explicite l’aspect martial que le style Chen, celui dont tous les autres découlent. Ce style, beaucoup plus ample et physiquement exigeant, comporte de nombreuses explosions de Fajin (traduction grossière: force/énergie explosive), qui forme le socle de la puissance du Tai chi.

Le secret du Fajin réside dans la capacité de bouger avec fluidité et sans utiliser la force musculaire, particulièrement au moment de frapper. Inutile de dire que la capacité de libérer du Fajin, et plus encore de l’utiliser en situation de combat, demande plusieurs années d’entraînement rigoureux incluant non seulement les formes, mais aussi plusieurs exercices complémentaires inconnus de la grande majorité des pratiquants de Tai chi en Occident (et de plus en plus en Asie également).

Voici un exemple éloquent de ce à quoi ressemble le Tai chi Chen, et plus particulièrement sa forme dite « Cannon fist » (ici en version écourtée). Le vidéo suivant montre Chen Xiaowang, titulaire de 19e génération de la lignée de Tai chi Chen: