Zen et conversation de métro

par artsinternes

Mon premier contact avec la méditation vient de mon premier maître d’arts martiaux, Serge Baubil, qui nous faisait méditer après les séances de combat libre. Évidemment, le but de cette pratique était surtout de nous calmer après l’adrénaline du sparring, mais l’accent mis sur la respiration m’a néanmoins donné de bonnes bases « techniques » pour méditer.

C’est cependant grâce à une conversation entendue par hasard dans le métro que j’ai été mis en contact avec le bouddhisme zen. Je revenais d’un cours à l’UQAM, peut-être celui d’histoire de la Chine traditionnelle (qui m’a mis sur la piste du taoisme et dont je reparlerai). Deux gars étaient assis et l’un deux parlait d’un livre qu’il lisait, Zen et arts martiaux, du maître zen japonais Taïsen Deshimaru.

Le gars expliquait comment le bouddhisme percevait la racine de la souffrance comme provenant de l’humain, tout comme les moyens d’en venir à bout. L’agitation des pensées et des émotions, qu’on considère souvent en Occident comme le propre de la psychée humaine, apparaît dans cette optique comme une distraction empêchant d’atteindre notre vraie nature. Le travail de méditation consiste alors à se détacher de ces pensées en se concentrant sur sa respiration et son centre d’énergie (hara ou tantien). Dans le contexte des arts martiaux, ce type de concentration est essentiel au combat en ce qu’il permet de nous détacher de nos peurs et émotions et de réagir de façon instinctive.

En revenant chez moi, je me suis lancé dans des recherches et j’ai bientôt trouvé plusieurs livres de cet auteur fascinant. Quelques années plus tard, j’ai fait un séjour de quelques mois au Centre zen de Montréal où j’ai pu approfondir ma pratique et ma connaissance de cette philosophie et approche de la méditation. Si j’ai aujourd’hui choisi d’approfondir une autre approche (plutôt taoïste), la richesse et la rigueur de l’approche zen continuent de nourrir ma pratique et d’influencer la façon dont j’approche ma propre vie, avec ses défis et ses frustrations…